Sous les étoiles

Sous les étoiles
Que la montagne est belle
Et si l'on vous disait que la montagne révèle tout son caractère une fois la nuit tombée ? retour sur deux soirées pas comme les autres.
« Que la montagne est belle » « Sous les étoiles »
C'est sous ce slogan que deux sorties se sont déroulées à l'initiative de la commission environnement du club pour répondre à l'invitation de la FFCAM d'associer activités physiques et découverte du milieu nocturne.
Voie lactée à l'œil nu, et convivialité au sommet :
La Planche des Belles Filles 16 juin 2026
En cette fin de journée chaude du 16 juin, 13 cafistes accompagnés d'un public de jeunes migrants dit « public éloigné » mais bien habitué à partager les sorties et activités du club, s'étaient donné rendez-vous à la Planche des Belles Filles, pour mettre la tête dans les étoiles. La destination était choisie en raison du grand espace offert par des lieux vierges de toute pollution lumineuse et propices à éveiller nos sens tout au long d'une balade nature.
Pour se rendre au sommet, divers parcours d'orientation sont prévus, il s'agit de se faire successivement "poseur" puis "ramasseur" de balises.
Vivre et apprendre ensemble
En attendant que l'obscurité nous enveloppe de ses mystères et fasse apparaitre furtivement un ciel tout en étoiles, les randonneurs, sur les consignes des Maîtres-esses du jeu, se divisent en 4 groupes et partent équipés de balises, sur les sentiers du massif, cartes en main et boussole en tête. Les groupes se croisent, se conseillent, se perdent aussi à la nuit tombante, ayant à cœur d'aller jusqu'au bout de la course d'orientation et de faire bonne récolte des balises installées.
Les groupes hétérogènes constitués de cadres randonnée, débutants et jeunes adultes issus de l'association partenaires d'aide aux migrants sont mis en situation pour échanger, émettre des hypothèses, associer lecture de carte et observation du terrain, pour au final choisir un itinéraire pour atteindre les points désignés.
Dès le départ, une excitation mêlée de curiosité, la joie de marcher ensemble sont perceptibles.
Pas à pas, la montagne révèle sa face secrète : rires feutrés dans la pénombre, murmures d'admiration, et ce bonheur rare d'exister pleinement dans l'instant. L'ascension mène les groupes reconnaissables par les lueurs des lampes frontales jusqu'au toit de la Haute-Saône.
A l'arrivée, une même fierté illumina tous les visages — celle d'avoir conquis, de nuit, le sommet du département.
Moment fort : l'observation des étoiles
Au sommet, les frontales s'éteignirent comme on retient son souffle. Alors, dans le grand silence habité de la nuit, un étoilement d'enfer se déploya : des milliers de feux suspendus semaient la voûte d'une poussière d'or, et nul ne put retenir son émerveillement devant tant de majesté offerte.
Le défi est de lutter contre nos réflexes tenaces de faire usage de portables ou de lampes frontales qui nous apportent pourtant que peu de lumière sur les enjeux environnementaux actuels. Les échanges tournent autour de la question et des ajustements sont formulés en toute bienveillance pour les moins avisés.
Les commentaires vont bon train, chacun tentant de repérer des constellations de la saison, traçant de son regard des lignes invisibles entre les astres.
A l'abri du vent, sous la voûte du monde, un chaleureux partage autour de boissons chaudes et de collations permettait à chacun de goûter à ses émotions, l'humilité devant l'infini, la gratitude d'être là, ensemble, tout petit sous l'immensité. Ici, il n'est plus question de pays du Nord ou pays du Sud, il n'est plus question de couleur de peau, il n'est plus question de langue. C'est le cœur battant de la soirée.
La descente est douce, comme un dernier accord tenu. Aucun incident ne vient troubler cette nuit, les pas sont prudents et respectueux du relief qui se déroule sous les pieds. Seule une joie sincère se partage à voix basse. Des conditions idéales, un ciel d'une pureté de cristal marquent durablement les participants nombreux à découvrir pour la première fois le visage nocturne de la montagne, émerveillement, fierté, sentiment d'appartenance, et qui redescendent le cœur constellé d'étoiles.
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Se bouger, s'émerveiller, éveiller ses sens dans Les Vosges.
Xefosse, 12-13 septembre
C'est à la recherche de plaisirs simples et d'authenticité que huit cafistes s'organisent un week-end dans les Hautes-Vosges. Récit d'un séjour ou la sobriété n'exclut pas la convivialité.
La ferme rustique comme base.
La ferme appartient à l'une d'entre eux. Le confort volontairement sommaire n'est pas une privation, c'est le filtre : pas d'électricité donc pas de télé, pas de wifi, une grande table commune, pour deviser sans contrainte.
La ressource en eau est limitée, une belle préparation à notre futur. Le rythme est donné par l'alternance jour/nuit. Les participants se considèrent privilégiés de se retrouver là dans un cul de sac de la forêt vosgienne.
L'environnement proche est un terrain idéal pour la randonnée en petite montagne. La balade du samedi est consacrée à la recherche du lieu propice à l'écoute du brame du cerf de la soirée, observation d'indices de passage, d'empreinte de pas...
La sobriété de consommation comme règle de groupe.
Un sac léger, un thermos, rien de plus. Ce qui compte ne s'achète pas : le noir, le silence, le feu de bois au retour, la fatigue douce d'une marche nocturne qui améliore d'ailleurs la qualité du sommeil.
La nuit comme expérience centrale.
Après un repas simple, la sortie à pied s'organise. L'absence de pollution lumineuse facilite l'adaptation de l'œil à l'obscurité (20 min sans frontale), puis les sens prennent le relais. Moment magique, allongés dans l'herbe, sous le ciel étoilé, dans un silence absolu, la patience est de mise, chacun est dans ses pensées, une complicité s'impose. Le hululement d'une chouette, les craquements des branches, le chant du vent sur des feuilles, l'odeur de terre et de musse humide, le silence est habité.
Le cerf est resté éloigné, aurait-il senti la présence des randonneurs ? Enchanteur et emblématique, son cri qui leur parvient est la preuve que l'homme n'est pas seul, qu'il appartient à un écosystème, que l'espace ne peut être que partagé.
Le retour à la ferme s'effectue sans encombre, le feu de bois est allumé, les spécialités de chacun sont partagées, l'essentiel est garanti, l'accessoire est oublié.
Et maintenant ?
Les rayons du soleil matinal dardent tôt à travers les vitres. Connaître l'heure n'est pas indispensable, les huit amis sont là pour vivre un weekend authentique.
Mais cependant peuvent-ils s'affranchir de la vie en société ? Ils reprendront leur voiture pour regagner leur logis, en ayant pris le temps d'une longue et agréable virée sur les crêtes vosgiennes, qui offrent des vues imprenables de l'Alsace à l'est et de la Lorraine à l'ouest.
A l'occasion de futures sorties du club, ils pourront témoigner de la possibilité de ralentir, de consommer mieux. Petits pas, petits gestes, exemple, convaincre sans contraindre.
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De ces soirées, tous gardent l'envie tenace d'y revenir : car qui a vu une seule fois la montagne sourire à la nuit ne peut plus la quitter tout à fait.
Le club, conscient de la magie ressentie, envisage déjà de ramener ses pas vers ces cimes étoilées, pour mêler l'effort du corps à la beauté du monde.
La commission environnement continuera de stimuler la réflexion des adhérents et du grand public autour des thématiques environnementales.






